Selon ces scientifiques, les serpents peuvent détecter un tremblement de terre distant de 120 km jusqu’à 5 jours avant qu’il se produise. Les serpents se comportent alors de façon erratique, se jetant même alors sur les murs pour tenter de s'échapper.
''Parmi tous les êtres vivants, les serpents sont peut-être les plus sensibles aux tremblements de terre'' a déclaré au China Daily Jiang Weisong, directeur du bureau des tremblements de terre de Nanning.
''Quand un tremblement de terre est sur le point de se produire, les serpents sortent de leurs nids, même dans le froid de l’hiver. Si le tremblement de terre à venir est important, ils se jettent sur les murs pour tenter de s'échapper'', a-t-il déclaré au journal.
Nanning, qui est située dans une région où les tremblements de terre sont fréquents, est une des 12 villes chinoises surveillées par systèmes de télédétection. Selon Jiang Weisong, la surveillance de serpents par caméras pourrait s’étendre à d’autres régions de Chine.
La Chine est fréquemment frappée par les tremblements de terre. En 1976, la ville de Tangshan a été dévastée par un séisme faisant 250.000 victimes.
Source: SSC News
L'influence de l'Iran au travers du chiisme. Mode opératoire, succès et limites de la politique pro-chiite iranienne. Par le chef d'escadrons Thierry Dufour. (Armée de Terre, France, 13 e promotion du CID) Religion encore peu connue en France, le chiisme représente aujourd’hui une donnée incontournable de la géopolitique du Moyen-Orient. Avec 140 millions de croyants et d’importantes minorités à travers le monde, le chiisme a connu récemment un renouveau identitaire qui lui a permis de rompre son isolement politique et de pouvoir à nouveau prétendre peser sur sa propre destinée. Les succès politiques du Hezbollah libanais mais surtout l’arrivée au pouvoir des chiites en Irak illustrent à merveille ce renouveau chiite. L’Iran, seule patrie où le chiisme est religion d’Etat depuis le XVIe siècle, s’est toujours présenté comme le défenseur de cette religion minoritaire et persécutée par la majorité sunnite. Du même coup, c’est l’ensemble des pays arabes de la région qui se met à trembler à l’évocation d’un possible arc chiite de Téhéran jusqu’au Liban en passant par les Etats du Golfe balayés par leurs fortes minorités. La République islamique fait peur à juste titre. Son histoire récente se caractérise par les ruptures, les actions occultes et un soutien aux mouvements terroristes. L’influence non négligeable de son réseau religieux et les moyens financiers consacrés à sa politique pro-chiite, permettent à Téhéran de faire entendre sa voix. Mais l’Iran, qui souffre depuis plusieurs siècles d’un vif sentiment obsidional, entouré qu’il est par des voisins aux visées parfois hostiles, se sent désespérément seul. Perse au contact des pays arabes et chiite au cœur de la puissance sunnite, il est en outre contesté dans son leadership en sein même du monde chiite. L’Iran a bien tenté une action de séduction en direction de l’ensemble du monde musulman en volant au secours d’un islam offensé. Il a dû faire face à un double échec relatif : celui du panchiisme, réduit à une capacité de nuisance plus qu’à une réelle influence, et celui qui repose sur l’incapacité d’une puissance perse à prendre la tête de l’Umma musulmane. L’Iran a bien conscience de ses limites : c’est bien pourquoi il fait montre d’une énergie décuplée pour tenter d’obtenir une arme nucléaire qui lui permette de s’affirmer plus encore. Ce mémoire de géopolitique réalisé au Collège Interarmées de Défense dans le cadre du séminaire « Moyen-Orient » dirigé par Pascal Le Pautremat.
INTRODUCTION
L’Iran se trouve aujourd’hui au cœur de l’actualité. Enjeu d’une âpre bataille diplomatique, il est engagé dans un bras de fer avec la communauté internationale et se rêve en puissance nucléaire : la République islamique fait trembler le monde. Un président démocratiquement élu appartenant au camp conservateur, Mahmoud Ahmadinejad, multiplie les provocations à l’encontre d’Israël en des termes qui n’ont rien à voir avec le discours policé des chancelleries diplomatiques. L’Iran est aussi en première ligne en Irak où les Américains constatent tous les jours l’influence de Téhéran dans la gestion quotidienne de la crise irakienne.
Un autre phénomène géopolitique majeur lié à l’évolution du monde musulman a vu le jour ces dernières années : il s’agit du réveil du chiisme. Hier religion de minorités persécutées et pauvres, sans pouvoir politique, le chiisme connaît un renouveau général qui lui permet de devenir une donnée géopolitique incontournable. L’accès au pouvoir de la majorité chiite en Irak grâce au jeu démocratique, le récent succès du Hezbollah libanais aux élections municipales ou même le rayonnement de la communauté chiite au Pakistan d’où proviennent la majorité des élites de Karachi, comme madame Benazir Butto, sont le signe que, partout, les chiites relèvent la tête.
Or l’Iran, unique Etat chiite au monde, se présente comme le défenseur de l’ensemble des croyants, seul capable de fédérer les différentes communautés chiites. Grâce à son clergé et à ses centres de théologie, son influence sur le monde chiite est indéniable. Quelle est la réalité de cette influence ? Verra-t-on s’instaurer, comme les Etats sunnites voisins le craignent, un croissant chiite de l’Irak jusqu’au Emirats du Golfe en passant par le Liban sous la conduite de Téhéran ? Peut-on parler de l’avènement d’un « grand chiistan » comme le suggère Alexandre Adler ou le chiisme est-il si divisé que l’influence iranienne sur l’ensemble de ces communautés est pratiquement négligeable, comme le pense Gilles Kepel ? C’est cette relation d’influence de l’Iran sur l’ensemble des communautés chiites du monde qu’il importe de préciser ici.
Comment se manifeste cette influence et quels en sont les contours ? Le chiisme fera-t-il de l’Iran la puissance majeure du Moyen-Orient ou sera-t-il une carte comme une autre dans le jeu de la République islamique, une carte somme toute secondaire ?
L’Iran des mollahs véhicule un certain nombre d’images négatives qui peuvent venir brouiller une juste perception de son action. Théocratie révolutionnaire qui rêve d’exporter son modèle afin de faire triompher la vérité chiite dans le monde, la République islamique d’Iran a affronté l’Occident, dès le début de son existence, par la prise d’otages de l’ambassade américaine, sorte d’acte inaugural du nouveau pouvoir. Les images régulièrement retransmises à la télévision des cérémonies de l’Ashura, pendant lesquelles les fidèles honorent le martyre d’Hussein par des pratiques d’auto-flagellation, peut produire chez l’observateur occidental peu au fait de cette religion une impression déplorable. Le soutien aux mouvements radicaux du Moyen-Orient et l’utilisation avérée du terrorisme au cours des années 1980 ont fini de discréditer le régime auprès des Occidentaux. Il faut ajouter que le chiisme est une religion mal connue en France, ce qui est moins le cas dans le monde anglo-saxon confronté depuis de nombreuses années au chiisme par son histoire coloniale. Il importera donc tout au long de cette étude, autant vis-à-vis de l’Iran que du chiisme, de dépasser les a priori et d’essayer de se démarquer d’une perception purement occidentale.
Le panchiisme représente à l’évidence une carte séduisante pour l’Iran et Téhéran n’hésite pas à la jouer. Cela lui permet, parfois, de tenir un rôle de premier plan. Mais cette politique pro-chiite trouve aussi ses limites et l’Iran doit chercher ailleurs le moyen de peser à long terme sur les destinés de la région.
PREMIÈRE PARTIE : LE PANCHIISME, UNE CARTE SEDUISANTE POUR TEHERAN
Les chiites ont longtemps été une communauté brimée et maintenue sous l’étroit contrôle des sunnites à travers le monde. Dès sa création, le chiisme a été une religion de persécutés et d’exclus. Pourtant, au regard du nombre des croyants et de l’implantation géographique des différentes communautés chiites, ce vaste ensemble représente une puissance potentielle de premier ordre. Les minorités chiites, souvent isolées au cœur de populations majoritairement sunnites, sont en quête de reconnaissance et de soutien. L’Iran, seule puissance résolument chiite depuis le XVIe siècle, a tout intérêt à jouer cette carte du panchiisme pour imposer sa vision du monde tout en développant sa capacité d’influence.
11. Les chiites à travers le monde
11.1. Les origines du chiisme
Le chiisme est la principale branche dissidente de l’Islam. Les causes de cette dissidence sont liées à un problème de succession plus qu’à des divergences d’ordre doctrinal. Le chiisme, comme le sunnisme majoritaire, se caractérise en effet par la croyance en un Dieu unique et une même référence au message du prophète Mahomet. Des problèmes de succession se sont fait jour dès la mort de ce dernier. Il convenait alors de confier la direction de la communauté musulmane dans le domaine politique comme dans le domaine religieux. Les premiers califes, qui combinaient, à l’instar de Mahomet, les deux fonctions de chef religieux et de chef politique, furent désignés parmi les compagnons du Prophète. Ils furent appelés les « bien Guidés ». Mais les califes suivants furent choisis par élection à l’extérieur de la famille du Prophète. Les chiites dans leur ensemble considèrent que la fonction califale aurait dû revenir à Ali, cousin et gendre du Prophète, mari de Fatima. La Chi’a, le parti d’Ali, défendait de fait un certain légitimisme dynastique.
Les chiites attribuent à Ali une sainteté éminente et un rôle presque égal à celui du Prophète. Ils lui confèrent un droit absolu à la direction spirituelle de la communauté, ainsi qu’à ses descendants en ligne directe, les imams, choisis selon un principe héréditaire. Leur place est centrale pour le chiisme, puisqu’ils continuent le cycle des prophètes qui, pour les sunnites, est clos avec Mahomet.
Un événement allait consacrer la rupture définitive entre chiites et sunnites : ce fut le meurtre de Hussein, l’un des fils d’Ali et troisième imam selon les chiites. Poursuivi par le calife Omeyyade Yazid, il fut cerné à Kerbala en octobre 680. Malgré la soif, il résista longtemps avec ses soixante-douze compagnons, mais il fut finalement tué. Kerbala est devenu depuis une des villes saintes du chiisme. La résistance et le martyre de Hussein jouent un rôle crucial dans la mythologie chiite. La fête annuelle d’Ashura, avec ses cérémonies expiatoires spectaculaires, célèbre le geste de Hussein. Le chiisme, par son culte des saints et des martyres, est une religion du désespoir, dont l’approche du sacré le distingue du sunnisme : le croyant ne se retrouve pas seul face à un Dieu lointain. Il dispose d’intermédiaires, soit le représentant du magistère religieux sur terre, soit le Saint lui-même à qui les croyants viennent porter leurs prières dans les mausolées. Yann Richard, dans son livre sur l’Islam chiite, précise : « si le massacre de l’imam a pris une telle place dans la sensibilité religieuse de ces musulmans qui furent mis en minorité, puis persécutés par les sunnites et qui durent pendant des siècles –hormis quelques intermèdes – vivre dans la clandestinité, c’est qu’il correspondait à l’attitude d’échec qui était la leur. Il justifiait le fait d’être vaincu et permettait une revanche morale dont l’achèvement était rejeté jusqu’à la fin des temps »[i]. Les minorités chiites se retrouvent autour d’une même sensibilité, d’une même lutte pour la justice sur cette terre nées du sentiment partagé de faire partie des pauvres persécutés. « Le monde chiite, après des siècles d’assoupissement, se réveille »[ii] comme le note François Thual, et il a soif de reconnaissance et de justice. Dans ce contexte, la solidarité chiite devrait pouvoir, au moins en théorie, s’exprimer pleinement.
11.2. Une puissance démographique
Les musulmans sont plus d’un milliard aujourd’hui dans le monde. Sur ce milliard de croyants, entre 10 et 12 % sont chiites, ce qui représente une population totale de 140 millions de croyants[iii]. D’après l’édition la plus récente du CIA World Factboock, qui constitue une référence en la matière, les chiites représentent entre 60 et 65% de la population en Irak (soit 15 millions d’habitants), 10% en Arabie Saoudite (environ 2 millions), 30% au Koweït (environ 300 000), 70% dans l’émirat du Barheïn (environ 220 000), 19% en Afghanistan (environ 5,4 millions) et 20% (32 millions) au Pakistan[iv]. Au Liban, les chiites représentent plus du tiers de la population, avec un million d’habitants, et constituent la communauté disposant de la plus forte natalité. Ils ont acquis une nouvelle légitimité politique face à la puissance financière des maronites et à l’alliance syrienne incarnée par les sunnites en devenant la première communauté libanaise sur le plan démographique. Les chiites sont également nombreux en Inde, où l’on dénombre 25 millions de croyants, en Turquie, avec une minorité forte de 16 millions d’individus et en Syrie où les chiites alaouites comptent quelque quatre millions de fidèles. Quant à l’Iran lui-même, pays de 60 millions d’habitants en 1996, il a vu sa population passer à environ 70 millions dont 55 millions de chiites.
11.3. Une région clé du monde
Outre le poids non négligeable des communautés chiites, qu’il est par ailleurs toujours difficile d’estimer lorsqu’elles vivent dans des pays majoritairement sunnites, le chiisme se distingue par sa répartition géographique : les communautés chiites occupent une des régions clé du monde contemporain. En effet, la zone du Golfe persique, où gisent les trois-quarts des réserves pétrolifères du monde, est peuplée par environ 70 % de chiites. La région du Hasa par exemple, située en Arabie Saoudite, région qui concentre l’essentiel des gisements de pétrole du Royaume, est principalement peuplée de chiites. Ces populations, très souvent constituées par les prolétariats urbains ou ruraux de cette zone, sont un défi permanent pour les pays du Golfe, tous à majorité sunnites. Le chiisme constitue une donnée géopolitique centrale par le nombre de ses fidèles et leur localisation dans une région vitale pour l’économie des grandes puissances.
12. Des minorités en quête de soutien
12.1. Une religion des exclus
Chacune des communautés chiites représente dans son pays une minorité religieuse d’importance variable. Tenus à l’écart des centres de pouvoir, souvent déshérités, les chiites ont dès l’origine été persécutés par la puissance sunnite qui acceptait mal cette vision de l’Islam et ce conflit de légitimité à la tête des croyants. Cette persécution et ce statut de minorité sont intimement liés au chiisme. Ce dernier, pour éviter de disparaître, a été obligé de permettre à ses fidèles d’utiliser la taqiya, ou dissimulation mentale, qui justifiait le mensonge de survie. Les chiites étaient ainsi autorisés à ne pas avouer leur foi imamite et à poursuivre dans le plus grand secret leur pratique religieuse à l’abri du regard des musulmans sunnites. Les populations persécutées ont souvent trouvé refuge dans les montagnes, là où il était plus aisé de se défendre. Ainsi en est-il des communautés druzes du Liban ou de Syrie, ou encore des populations hazaras d’Afghanistan. Cela explique également l’existence du Djebel Alaouite en Syrie ou la montagne Zeydite, autre branche du chiisme implantée au Yémen. Comme le souligne Yann Richard, « un chiite libanais ou irakien peut-il oublier que l’Iran est le seul pays où sa religion soit vraiment dominante ? »[v]. Pour la plupart de ces communautés, l’Iran exerce une véritable fascination. Grâce à la religion, elles trouvent en effet un protecteur extérieur puissant, à même de compenser leur pauvreté et leur isolement. Les chiites pakistanais, comme leurs homologues indiens, aigris par les brimades qu’ils subissent de la part de la majorité, notamment à l’occasion des célébrations de l’Ashura, pendant lesquelles ils cherchent à organiser chaque année des deuils spectaculaires qui choquent les sunnites, sont fortement attirés par la protection iranienne. Ce fut aussi le cas des chiites libanais durant les années 1980 et 1990, ou des Hazaras afghans. L’Iran a traditionnellement accepté de se présenter comme le protecteur des chiites à travers le monde. Le Shah d’Iran lui-même se présentait comme le défenseur de l’ensemble des croyants. Il n’était pas rare, comme le rapporte Yann Richard, de trouver des portraits du Shah d’Iran dans les maisons des familles chiites déshéritées du Sud Liban[vi].
12.2. Tensions entre sunnites et chiites
Les tensions qui ont existé entre le chiisme et le sunnisme dès les origines demeurent aujourd’hui extrêmement fortes, comme en témoigne la situation en Irak et le récent attentat contre le mausolée chiite de Samarra. La solidarité intercommunautaire trouve là certainement de quoi se nourrir. Les différences entre ces deux familles de l’Islam reposent principalement sur des divergences d’ordre dynastique. D’un point du vue doctrinal, chacun fait en effet référence au même Coran, même s’il existe des spécialistes pour relever un certain nombre d’arguties à propos de différentes traductions du livre sacré, l’une étant réputée moins fidèle que l’autre. C’est au point de vue pratique que le débat s’envenime. Le culte des Imams est pour le sunnisme une forme de polythéisme inacceptable et les dévotions des pèlerins au tombeau des saints, même celui du Prophète, représentent un acte profondément païen. Lorsque les chiites se rendent à Médine en pèlerinage, ils passent à un endroit où, selon les anciens, se trouve la tombe de Fatima, qui n’est plus marquée par aucun signe distinctif, tout près de la tombe du Prophète. Là, ils doivent cacher leurs larmes vis-à-vis des saoudiens wahhâbites qui voient ces démonstrations d’un très mauvais oeil.
A l’inverse, pour les chiites, le sunnisme est non seulement une erreur, mais il est profondément illégitime, car il procède des crimes commis contre les successeurs de Mahomet désignés par lui-même au sein de sa propre famille.
L’histoire de l’Islam fourmille d’exemples de luttes plus ou moins violentes entre les deux familles concurrentes, autant de freins aujourd’hui à une coexistence pacifique et sereine. Pierre-Jean Luizard souligne l’ancienneté de la rivalité intercommunautaire et rapporte que « les sultans ottomans, porte-drapeau du sunnisme, considéraient volontiers les chiites d’Irak comme une « cinquième colonne » persane » »[vii]. Plus proche de nous, la gestion de leurs minorités chiites respectives sont, pour les Etats du Golfe, un motif d’inquiétude permanent. L’Arabie Saoudite a dû faire face à de graves émeutes chiites le 20 novembre 1979 à la grande mosquée de la Mecque et au soulèvement de la minorité chiite de la région d’Al-Hasa de novembre 1979 à février 1980. Le Koweït, de son côté, a tendance à considérer sa minorité chiite, qui représente un quart de sa population, comme un ensemble particulièrement instable à la solde de Téhéran. C’est dans l’Emirat de Barheïn que la question chiite atteint son paroxysme : le pouvoir sunnite en place doit en effet gérer une population à 75 % chiite. L’émirat n’a d’ailleurs pas cessé d’être régulièrement revendiqué par l’Iran qui développait le thème de l’iranité des chiites de Barheïn, y compris sous la dynastie des Pahlavi.
Les tensions entre les principales branches de l’Islam se sont à l’évidence exacerbées avec l’avènement de la Révolution islamique. Les appels répétés de l’Ayatollah Khomeyni à destination des fidèles afin de les encourager à rejoindre l’élan révolutionnaire et faire triompher la cause imamite ne peuvent que faire trembler les pouvoirs nationalistes arabes du Moyen-Orient. Le concept de la nation est vu du côté du chiisme comme un risque de fracture importante de la communauté musulmane. En effet, comme l’explique François Thual, « les penseurs politiques du chiisme se sont toujours méfiés du fait national. Comme dans le communisme, l’Etat-nation, à leurs yeux, est appelé à se dissoudre un jour dans la victoire finale du chiisme et le triomphe de l’Islam »[viii]. Il est aisément compréhensible qu’une telle position indispose les différents pouvoirs en place qui maintiennent leur cohésion grâce à la défense de l’idée nationale. Leur aversion pour la cause chiite est aujourd’hui plus forte que jamais. La victoire du chiisme en Irak et l’immixtion au quotidien de la République islamique dans l’ensemble des rouages de la vie politique irakienne est un motif de profonde inquiétude. Le roi de Jordanie, Abdallah Ie, pourtant réputé mesuré et formé dans les meilleurs écoles britanniques, s’est récemment fait le porte parole de cette méfiance vis à vis du chiisme dans un entretien paru dans le Washington Post du 8 décembre 2004. Invoquant la crainte de l’établissement d’un croissant chiite de l’Iran au Liban en passant par l’Irak, Le roi y précise que « si l’Irak devient une république islamique, les pays de la région devront faire face à toutes une série de problèmes qui dépasseront très vite les frontières iraquiennes[ix] ».
En outre, le fait que la secte wahhabîte caractérisée par une lecture rigoriste de l’Islam et dotée d’une capacité d’influence fondée sur une puissance financière hors norme, soit à la tête de l’Arabie Saoudite, ne va pas dans le sens d’un retour à un dialogue apaisé. De même, la doctrine salafiste, qui rencontre un certain succès auprès d’une partie des sunnites musulmans, fait du chiisme « l’ennemi proche » contre lequel il importe de lutter par le djihad avant même de s’en prendre à « l’ennemi lointain », les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux.
Pour l’ensemble de ces raisons, il apparaît que les relations entre sunnisme et chiisme ne sont pas prêtes de s’améliorer. Les minorités chiites auront donc besoin, de manière encore plus pressante, d’un appui venant de l’extérieur.
13. Une nécessité pour l’Iran
Si les minorités chiites sont à la recherche d’un soutien plus marqué de la part d’un allié compréhensif et attentionné, l’Iran, de son côté, a tout intérêt à faire usage du prestige dont il dispose pour rompre son encerclement. Mis au banc des nations depuis 1979, frappé d’embargos américains successifs qui interdisent les transferts massifs de technologies et les investissements commerciaux, il a un besoin urgent d’atténuer l’isolement dont il fait l’objet sur la scène internationale. L’Iran ne manque pas d’atouts pour entraîner derrière lui tout ou partie du monde chiite.
13.1. Un pays carrefour et une civilisation brillante
La géographie place l’Iran au contact de trois ensembles : l’Asie centrale et l’ex-monde soviétique, le Moyen-Orient et le Golfe persique, ouvert sur l’océan Indien. Que ce soit par terre ou par mer, l’Iran partage une frontière avec quinze voisins dont trois sont apparus au cour de la décennie 1990 à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. Idéalement placée géographiquement, le pays a vocation à rayonner dans l’ensemble du monde musulman. Il est depuis des siècles l’un des pays phares de la culture musulmane, l’un de ceux qui a donné à l’Islam ses plus grands savants, intellectuels ou artistes, à l’instar d’Avicenne ou d’Omar Hhasyyam. L’histoire deux fois millénaire de la Perse donne à l’Iran le statut de très vieille civilisation. Son histoire écrite remonte à Cyrus, roi des Perses, en 550 avant Jésus-Christ. L’invasion arabe de la Perse commencée en 637 et la conversion à l’Islam qui en découla ne firent pas disparaître pour autant la culture persane, et la langue persane est parvenue à s’imposer dans le monde islamique à côté de celle du Coran. Aujourd’hui, le farsi est toujours parlé par de nombreuses minorités dans toute l’Asie Centrale, principalement au Tadjikistan, en Afghanistan mais aussi en Ouzbékistan, dans les anciennes villes perses de Boukhara et Samarkand. Ismaïl Safavi créa en 1501 la dynastie des Safavide qui fit de la Perse un ensemble autonome à l’égard de l’Empire Ottoman sunnite. Il décréta la même année le chiisme religion d’Etat.
Le sentiment d’être une puissance démographique et un pays de grande civilisation, riche en pétrole et en population éduquée, situé à un point stratégique du monde, est largement répandu chez les Iraniens. L’entretien donné récemment pour le mensuel Diplomatie par le chargé d’affaires iranien auprès de l’ambassade de la République Islamique d’Iran à Paris, Monsieur Seyed Ali Moujani, est à ce titre éclairant : « Nous sommes un Etat-nation plusieurs fois millénaire qui s’est fondé sur une civilisation et une culture rayonnantes sur la scène internationale. Sur le plan géographique, l’étendue du pays a fait en sorte que depuis des siècles, face à une menace extérieure et à l’occupation, nous avons toujours réussi à préserver notre identité (…). Le peuple iranien a réussi à rester debout par ses propres moyens. Il a traversé les crises les plus graves avec beaucoup de succès et a su maintenir son indépendance »[x]. L’histoire récente de l’Iran a fait de ce pays un Etat à part dans la région : jamais l’Iran n’a été colonisé, comme ce fut le cas de ses principaux voisins, et les Iraniens en tirent une certaine fierté. Mais le pays a été traumatisé lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il fut envahi par les britanniques et que l’armée iranienne, trop faible pour maintenir son indépendance, dut battre en retraite. Aujourd’hui, l’Iran se sent isolé sur la scène internationale et vit cette situation comme une menace directe contre son identité et son indépendance.
13.2. L’isolement de la République islamique sur la scène internationale
La République islamique, dès les premières années qui suivirent son instauration, ne pouvait que provoquer un phénomène de rejet par son intransigeance, son mépris des règles internationales et sa volonté d’exporter son modèle révolutionnaire. Seul Etat chiite au monde, modèle unique de théocratie islamique, l’Iran est un pays qui fait peur. Au regard de la posture anti-impérialiste et de la condamnation irréductible de l’Etat d’Israël adoptées par Téhéran, Olivier Roy va même jusqu’à faire de l’Iran le « Cuba du Moyen-Orient »[xi].
13.2.1. Un modèle unique et rejeté
Pays chiite entouré d’Etats sunnites plus ou moins hostiles, identité perse contre identité arabe en opposition depuis le VIIe siècle, théocratie islamique révolutionnaire au contact d’un nationalisme soucieux de se maintenir au pouvoir ; les raisons ne manquent pas pour faire de l’Iran un pays à part, rejeté par ses voisins et par l’Occident. Dès les premiers pas de la Révolution islamique, Saddam Hussein redoutait une partition de son pays sous le coup de l’embrasement de sa majorité chiite encouragée par Téhéran. Il se saisissait alors du prétexte d’un vieux contentieux de frontière sur le Chat-El-Arab pour envahir son voisin. Les huit années de guerre qui suivirent furent un véritable traumatisme pour la jeune Révolution. Outre les millions de morts, l’Iran de Khomeyni ne pouvait que constater amèrement son total isolement diplomatique. A l’exception notable du Yémen et de la Syrie, c’est l’ensemble de la communauté internationale qui prit fait et cause pour la dictature baasiste, et soutint plus ou moins activement l’Irak tout au long du conflit. Aucune résolution de l’ONU pendant les années de guerre ne désigna clairement l’agresseur irakien. Lors de l’utilisation de l’arme chimique par les troupes de Saddam Hussein, le Conseil de sécurité évita de désigner nommément l’Irak et renvoya dos à dos les deux belligérants. Les instances de l’ONU, sans jamais l’avouer, avaient clairement choisi leur camp.
Aujourd’hui, l’Iran n’a qu’un seul vrai allié : la Syrie. Les deux pays ont signé le 18 novembre 2004 un accord d’assistance mutuelle selon lequel chacun promet de voler au secours de l’autre en cas de sanctions internationales accrues[xii]. La première visite de chef d’Etat du président Ahmadinejad a ainsi été à destination de la Syrie. La nature de cette relation bilatérale n’est pas en mesure, loin s’en faut, de permettre un retour de l’Iran dans le giron de la communauté internationale.
Un évènement intervenu en 2002 a encore renforcé l’isolement de Téhéran sur la scène internationale. Le 27 mars 2002, lors du sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, une résolution a été votée sur la souveraineté des deux îlots de Tomb et celui d’Abou Moussa. Ces îlots avaient été ponctuellement occupés par l’armée du Shah quelques jours après la déclaration d’indépendance des Emirats Arabes Unis. Depuis, la question de souveraineté n’avait pas été tranchée. En dépit des efforts iraniens, la Ligue arabe décidait à l’unanimité, Syrie y compris, que la souveraineté des trois îlots devait revenir aux Emirats Arabes Unis.
L’isolement diplomatique de l’Iran se double d’un isolement économique. Le pays a déposé depuis 2001 une demande d’adhésion à l’Organisation Mondiale de Commerce. Mais pour le moment, cette demande est rejetée. Les Etats-Unis s’opposent même à ce que l’Iran acquière le simple statut d’observateur. Enfin, au sein de l’OPEP, l’Iran ne dispose d’aucun relais et sa voix peine à se faire entendre. Les positions maximalistes de Téhéran pour un pétrole cher se heurtent en effet à la volonté de l’Arabie Saoudite qui souhaite ménager les puissances occidentales et éviter une crise économique durable chez les principaux clients du Royaume.
La guerre contre le terrorisme dans laquelle se sont lancés Washington et ses alliés a renforcé encore un peu plus le sentiment d’encerclement qu’éprouve l’Iran. Le projet de grand Moyen-Orient développé par les néo-conservateurs américains et les contingents toujours plus imposants déployés dans la région par les Etats-Unis ne sont pas de nature à rassurer Téhéran. Les unités américaines stationnent en effet en Afghanistan et en Irak. Le Pakistan est le principal allié de Washington dans sa guerre contre le terrorisme. La Turquie, quant à elle, déjà membre de l’OTAN, se rapproche de l’Europe, et l’ensemble des pays du Golfe a signé des accords militaires de défense avec l’Amérique: l’Arabie Saoudite, bien sûr, mais aussi le Koweït, Qatar, les EAU, Bahreïn et Oman accueillent les soldats de l’Oncle Sam .
13.2.2. L’Iran fait peur
Si Téhéran se retrouve aussi seul, il n’a, en partie du moins, qu’à s’en prendre à lui-même. L’Iran des mollahs fait peur et la politique extérieure menée par la République islamique dès ses premières années d’existence n’a fait qu’exacerber ce phénomène. Les déclarations à l’emporte pièce du régime vis-à-vis d’Israël, le soutien aux mouvements radicaux et l’utilisation du terrorisme d’Etat comme politique alternative, sont tour à tour stigmatisés.
Dès les premiers jours qui ont suivi son élection, Monsieur Mahmoud Ahmadinejed a scandalisé la communauté internationale par ses formules appelant à la destruction de l’Etat d’Israël. Ce type de déclaration n’est pas très éloigné de la rhétorique de la Révolution iranienne et du vocabulaire habituellement utilisé par l’ayatollah Khomeiny pour décrire l’Etat juif. Mais il tranche singulièrement avec l’attitude de son prédécesseur, le président Kathami, homme de culture et d’ouverture, qui prenait un soin particulier à donner de l’Iran une image plus policée. L’attitude de l’actuel président iranien n’est pourtant pas isolée. Elle fait écho à un sentiment partagé par une frange de la population. Ainsi, à l’occasion du défilé militaire organisé pour les commémorations du début de la guerre Iran-Irak, le 22 septembre 2005, tous les attachés militaires européens ont dû quitter la tribune officielle en signe de protestation : devant eux venait de défiler un véhicule avec l’inscription en anglais : Israel must vanish by the face of the world. Du reste, l’objectif de la destruction d’Israël demeure inscrit dans la Constitution islamique[xiii].
Outre la rhétorique outrancière vis-à-vis d’Israël, l’utilisation du terrorisme d’Etat par l’Iran, principalement au cours des années 1980, a grandement participé à donner de la Révolution iranienne une image fortement dégradée. Ce pays est ainsi intimement associé aux prises d’otages au Liban commises à cette époque. Comme le fait remarquer Yann Richard, tous les otages libérés depuis 1986 l’ont été après une amélioration des relations diplomatiques de leur pays avec l’Iran[xiv]. De même, le rôle de l’Iran a été reconnu dans les attentats perpétrés contre la force multinationale déployée à Beyrouth, qui ont durement frappé les contingents français et américains. Par ailleurs, pour celui qui viendrait à se promener à Téhéran en portant une attention particulière au nom des rues, le goût de la provocation et l’hommage appuyé à l’action terroriste ne peuvent que surprendre le touriste occidental : l’ambassade de Grande-Bretagne se trouve dans une avenue qui porte le nom du terroriste de l’IRA Bobby Sands, tandis que la rue où se trouve l’ambassade d’Egypte, close depuis 1979, a été baptisée Khalid Chowqi Al-Ilsambouli, en l’honneur de l’assassin du président Anouar El-Sadate[xv]. De la même manière, Téhéran a aussi pris l’habitude néfaste d’utiliser et de soutenir pour ses seuls intérêts des mouvements radicaux chiites aussi bien au Pakistan qu’au Liban plutôt que d’encourager des organisations plus modérées. C’est une politique dont l’Iran paye encore les conséquences et que les résultats des récentes élections ne sont pas prêts d’atténuer.
Un motif pousse enfin les Etats de la région à considérer avec méfiance l’action extérieure de la République islamique. A l’instar du communisme révolutionnaire et de la théorie léniniste de l’avant-garde éclairée, la révolution iranienne a vocation, du moins à l’origine, à entraîner derrière elle les différentes communautés chiites dans une révolution dont la perspective serait l’islamisation générale du monde et le triomphe de la vérité chiite. De même que la Révolution française faisait trembler les monarques européens qui redoutaient une contagion généralisée, la volonté de l’Iran d’exporter dans un premier temps sa révolution a exacerbé le ressentiment des Etats voisins.
Le chiisme regroupe des populations qui ont vécu les mêmes difficultés et les mêmes pressions de la part de la majorité en place. Souvent persécutés, les chiites sont à la recherche de reconnaissance et de soutien. L’Iran est tout prêt à se saisir de ce rôle de protecteur afin de tenter de rompre son isolement diplomatique. Il existe assurément un terreau propice à l’expression d’une certaine solidarité entre ces différentes communautés. Tout semble donc réuni pour que la politique d’influence de Téhéran au travers du chiisme porte ses fruits. Il importe maintenant de comprendre comment se met en place cette influence et quels sont les leviers d’action privilégiés par la République islamique pour attirer à elle la plus grande partie possible de fidèles.
DEUXIEME PARTIE : COMMENT L’IRAN ETEND SA TOILE ?
Il est difficile pour un non initié de bien saisir le fonctionnement du pouvoir iranien. La multiplicité des acteurs, le dédoublement des institutions à tous les niveaux de responsabilité et le rôle relatif du président de la République alors même qu’il est doté d’une légitimité démocratique expliquent notamment le trouble de l’observateur.
Une description des institutions iraniennes s’impose et la place de chacun des acteurs de la politique extérieure doit être précisée. L’action même de l’Iran sur le terrain est difficilement lisible. Elle se caractérise en effet par un usage immodéré du double langage et de l’action secrète, encouragé par l’existence d’organisations non liées au pouvoir en apparence mais qui sont aussi, à leur manière, des vecteurs de l’influence iranienne. La politique active des oulémas a porté ses fruits d’une manière indéniable, aussi bien en Afghanistan qu’au Liban ou plus récemment en Irak.
21. Les principaux acteurs du pouvoir
21.1. Quand le clergé se mêle de politique
Dès l’instauration de la République islamique en 1979, le clergé iranien cesse d’être le contre-pouvoir qu’il était au cours du 19e siècle. « Il n’est plus en recul, comme sous la dynastie des Pavlavi ; il est au sommet de l’Etat. Il sera bientôt un pouvoir absolu », fait remarquer François Thual
C`est ainsi que l`imam AL-Ghazali ( rahimahou Allah) avait l`habitude de designer les lois et regles en vigueur en Arabie Saoudite, ainsi que la mentalite predominante.
Cette appelation lui a attire les foudres de la monarchie saoudienne qui n`est pas habituee a la critique et la divergence d`opinion.
En effet, les gens se demandent souvent pourquoi certaines lois, n`ayant rien a fire avec les preceptes islamiques sont inviolables et indiscutable dans ce pays:
Interdire a la femme de conduire une voiture, de participer a la vie politique et economique. Car, il faut le savoir, les professions admises pour la femme se limitent souvent a la medecine feminine, la couture, et l`enseignement.
Certes, il existe des femmes d`affaires, ( elles se comptent sur le bout des doigts ), mais celles-ci ont du faire preuve d`un courage et d`une volonte inimaginables pour etre arriver a une telleposition.
Cet islam tribal ne s`acharne pas que sur la femme. Les pauvres et les etrangers ont beaucoup a endurer.
Un etranger restera un etranger, quelque soit sa loyaute envers la monarchie. Surtout s`il n`est pas de confession musulmane. Il devra se contenter de pratiquer sa religion en cachette et, surtout, oter toute idee qui`il devienne un jour une partie intergrante de cette communaute tribale.
On a souvent tendance a imaginer un saoudien rouler dans une superbe voiture ou depensant des millions sans les compter. Mais, on oublie souvent ces pauvres saoudiens qui n`ont pu profiter des richesses de leur terres et qui vivent toujours dans des maisons modestes en terre-cuite.
Le malheur d`un grand nombre de saoudien c`est qu`une tribu, comme un araignee tissant sa toile, s`est appropriee, non seulement, les richesses du pays, mais meme le nom de ce pays.
Pour s`en debarasser, il faut avoir affaire confronter toute une tribu.
La monarchie saoudienne tient a cet amalgame entre tradition tribale et lois islamique. Parce qu`elle sait qu`un seul changement suffirait a faire tomber ce chateau de carte.
Um tribunal saoudien a condamne un citoyen de 4 mois de prisons en plus de 200 coups pour s`etre moquer de la longue barbe d`un etudiant frequentant la meme universite que lui.
Faire une reflexion sur une barbe est pris pour une attaque de l`islam. Ce qui est intolerable chez les Saoudiens.
Cette reflexion anodine est devenu une affaire "d`Etat", puisque le roi en personne a intervenu en mettant fin a cette mascarade et supprimer la condamnation.
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